Le 12 janvier, le colloque « L’intérêt général : dès aujourd’hui, l’affaire de tous ? » se tenait au CESE. Près de 300 personnalités issues d’univers différents (élus locaux, hauts-fonctionnaires, dirigeants d’entreprises, responsables associatifs, syndicalistes, chercheurs …) ont partagé leur vision de l’avenir de l’intérêt général en France. Cet événement était inédit sur la forme et sur le fond, en raison de l’expression collective proposée lors de 9 ateliers participatifs, de la diversité des intervenants, et du collectif de 23 structures[1] qui ont coorganisées cette journée.

Ces échanges ont éclairé d’un jour nouveau les moyens de relever les défis du XXIe siècle auxquels nous sommes confrontés, sur le plan social, sociétal, environnemental et économique. Cela (re)donne espoir dans notre capacité collective à trouver des solutions à la hauteur des enjeux, notamment pour répondre aux besoins des personnes et des territoires les plus fragiles. Christophe ITIER, Haut-commissaire à l’Économie Sociale et Solidaire et à l’Innovation Sociale, a évoqué la vision du Gouvernement, qui envisage « un rôle de l’État plus humble sur l’intérêt général, davantage à l’écoute et au service des initiatives locales et de la société civile », avec « la volonté d’accompagner l’évolution de la société autour du sens et du bien commun ».

Du Président du Conseil Économique, Social et Environnemental au Vice-Président de l’Assemblée Nationale, en passant par les représentants du Gouvernement, des entreprises, des associations, des fondations, des syndicats et des chercheurs, il y eut une réelle cohérence et complémentarité des témoignages. Tous ont été unanimes sur la nécessité de changer de méthode pour co-construire des réponses en dépassant les frontières des clivages habituels. Plus de 1.000 contributions ont été collecté pour y parvenir. C’est une base solide pour aller plus loin !

Sans attendre la publication des Actes de ce colloque en février, Le RAMEAU a souhaité diffuser une synthèse[2] des travaux ainsi qu’un appel à changer de méthode[3].

 

Un cadre partagé de réflexions

Ce colloque a souligné la nécessité de disposer d’une vision systémique[4] afin de renouveler notre regard et nos pratiques sur l’intérêt général. En effet, l’ampleur des transformations à accomplir requiert une triple articulation :

– Entre les domaines d’actions, de plus en plus interconnectés entre eux ;

– Entre les territoires, pour adapter la pertinence de la réponse aux spécificités locales, régionales, nationales et internationales ;

– Et entre les acteurs (en particulier le secteur public, les entreprises et les structures d’intérêt général) dans la mesure où chacun mobilise des énergies et des moyens complémentaires.

Cette triple articulation concerne trois sphères étroitement liées par leur capacité à « faire société » : le système politique, qui porte la légitimité de l’action publique ; les organisations, qui ont la capacité à agir ; et les citoyens, qui sont mobilisés par leur engagement.

Le cadre partagé lors de ce colloque est le fruit d’une réflexion de 18 mois, élaboré par un groupe de travail constitué de 16 experts pluridisciplinaires et représentatifs de la diversité des organisations. Leurs recherches ont démontré que l’intérêt général s’incarne au travers de 3 leviers : la Vision partagée, l’Action collective transformatrice et la Gestion régulatrice. La matrice ci-dessous précise la nature de leur légitimité, de leur champ d’action et des acteurs prioritairement concernés.

 

Plaidoyer pour un droit à l’expérimentation partenariale

Dans la tribune de son président-fondateur Charles-Benoît Heidsieck, Le RAMEAU se positionne pour faire place au « pari de la confiance » plutôt qu’à la défiance de la normalisation, en s’appuyant sur les trois leviers de l’intérêt général. En effet, en France, l’intérêt général est surtout traité sur le plan normatif, par le biais de la gestion régulatrice. Pourtant, un équilibre plus fécond pourrait être trouvé avec les deux autres leviers complémentaires : la Vision partagée et l’Action collective. Dans cette optique, Le RAMEAU recommande de privilégier les expérimentations de terrain plutôt que la normalisation, pour mettre en œuvre des réponses pertinentes avant de normaliser. Aussi, Le RAMEAU propose une nouvelle méthode : la co-construction grâce à un droit à l’expérimentation partenariale[5].

 

Charles-Benoît HEIDSIECK

Président-Fondateur du RAMEAU

 

En savoir plus : 

Note de synthèse sur l’intérêt général

Tribune sur l’intérêt général

Note prospective sur les freins techniques aux alliances 

Étude exploratoire sur les freins techniques aux alliances stratégiques 

 




Documents Joints:

 

Les Notes:

[1] Adasi, Admical, Avise, ANSA, Caisse des Dépôts, Convergences, CESE, CFF, CGET, Comité 21, DJEPVA, FACE Paris, Fonda, Global Compact France, HCVA, Labo de l’ESS, Le RAMEAU, Les Entreprises pour la Cité, MEDEF, Mouvement associatif, Mouves, Orse, Pacte Civique

[2] Note sur l’intérêt général, « Activons tous les leviers ! », (Le RAMEAU, janvier 2018)

[3] Tribune sur l’intérêt général, « L’urgence de changer de méthode ! », (Le RAMEAU, janvier 2018)

[4] cf. le livre collectif « Bien commun : vers la fin des arrogances ? », publié aux éditions DALLOZ, Collection JURIS Associations, décembre 2015

[5] Note prospective « Freins techniques aux alliances », Octobre 2016 / CNAM – Le RAMEAU, « Etude exploratoire sur les freins techniques aux alliances stratégiques », (Le RAMEAU, septembre 2017)