L’économie sociale et solidaire compte plus de 222.900 établissements employeurs et 2,34 millions de salariés, selon le panorama 2012 du Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale.

D’après l’édition 2012 du panorama de l’économie sociale et solidaire (ESS) effectué par le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale (CNCRES), publié fin octobre, on compte actuellement plus de 222.900 établissements employeurs dans ce secteur et 2,34 millions de salariés, ce qui représente 10,3% de l’emploi en France, et 14% de l’emploi privé.
Une contribution majeure, jugée même plus importante par le CNCRES « si l’on considère l’ensemble des emplois associés portés par des entreprises extérieures à l’ESS mais contrôlées par des groupes coopératifs ou des mutuelles […], ce qui représenterait a minima 253.000 emplois supplémentaires, ou par des entreprises bénéficiant d’agréments spécifiques comme ceux de l’insertion par l’activité économique (IAE)« , précise le document.
Ces emplois se répartissent dans les associations (à 78,6%), puis dans les coopératives (13,1%), les mutuelles (5,4%) et les fondations (2,9%). Ce sont des emplois qui résistent plutôt bien à la crise.
« L’ESS a permis des créations d’emplois soutenues et plus importantes que dans le reste de l’économie jusqu’en 2010 (autour de 2% de croissance par an depuis 2008), signe d’une bonne résistance à la crise en cours », précise le CNCRES dans son panorama. Mais sur l’année 2011 et le premier semestre 2012, l’emploi associatif s’essouffle, conséquence, selon les dirigeants associatifs, de la diminution des soutiens publics (baisse des financements et des contrats aidés). Ce sont les secteurs de l’aide à domicile et des arts et spectacles qui sont les plus touchés. A l’inverse, les emplois portés par les coopératives, les mutuelles et les fondations continuent leur croissance en 2011. Le potentiel d’emplois est jugé important avec 608.000 postes qui seront libérés d’ici à 2020 par des départs en retraite, le renouvellement des emplois et la transmission des savoir-faire.
Les établissements de l’ESS sont présents dans la quasi-totalité des secteurs d’activité, mais ils sont plus particulièrement représentés dans le secteur social, où ils représentent 63% des emplois, du sport et des loisirs (56%), des activités financières, bancaires et d’assurance (30%), de la culture (29%) et de l’enseignement (19%).

 

Un poids plus important à l’ouest

 

Majoritairement, ce sont des micro-entreprises de moins de 10 salariés, mais « les organisations et entreprises de l’ESS représentent cependant 19% des entreprises privées de plus de 250 salariés« , précise le CNCRES.
Les plus grosses organisations de l’ESS se situent dans les secteurs financiers, bancaires et de l’assurance, dans la santé, dans le commerce et dans l’action sociale. Côté estimation budgétaire de ce que représente l’ESS, le CNCRES est plus prudent, expliquant qu’il ne dispose pas de toutes les données nécessaires. Cela dit, l’institution estime à 70 milliards d’euros le budget global associatif, et à 288 milliards le chiffre d’affaires des coopératives, à 21,6 milliards celui des mutuelles d’assurance, à 20,7 milliards celui des mutuelles de santé, et à 56,4 milliards les rémunérations brutes versées.
Concernant la répartition géographique de l’ESS, ce sont les régions Ile-de-France, Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur qui rassemblent le plus d’établissements et d’emplois, mais c’est dans l’Ouest, et notamment les régions Bretagne, Pays-de-la-Loire, Poitou-Charentes et Basse-Normandie, que l’ESS a le plus de poids par rapport à l’ensemble des établissements employeurs régionaux. Dans ces régions, le poids de l’ESS est ainsi compris entre 12,1% et 14% de l’emploi total (pour une moyenne à 10,3%). Des proportions que ces régions doivent à la présence d’un tissu associatif important (près de 10% de l’emploi régional).
« La coopération est quant à elle fortement implantée dans les régions Bretagne et Champagne-Ardenne, précise le document, et les mutuelles en Poitou-Charentes, Bourgogne et Languedoc-Roussillon, le département des Deux-Sèvres restant le berceau de l’assurance mutualiste. »
Dernier point abordé par le CNCRES : l’innovation sociale. Si l’institution fait part d’un « foisonnement d’initiatives« , elle estime aussi que ces idées manquent de reconnaissance et de soutien public. La situation devrait changer avec l’arrivée des financements issus de la future banque publique d’investissement. 500 millions d’euros sont réservés à l’ESS, dont une part pour financer l’innovation sociale. La loi-cadre sur l’ESS en préparation devrait aussi permettre au secteur de mieux se développer.

 

Source : http://www.localtis.info, Emilie Zapalski, 7 novembre 2012.  

 

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