Mardi 6 octobre dernier, Rama Yade, Secrétaire d’Etat aux sports s’exprimait à la Sorbonne face aux acteurs de la vie politique et sportive française. Elle y a exposé ses ambitions pour cette « passion vieille de 2000 ans » qu’est le sport. Deux points sont particulièrement à souligner :

1. La requalification de la place de l’Etat dans le sport en France et l’accès au sport par et pour tous.

Face aux remarques remettant en cause la légitimité du ministère des sports Rama Yade répond que « ce ministère s’ancre dans une tradition de l’Etat Français » puis insiste sur « l’Etat régulateur ».

Ainsi elle travaille sur la rédaction d’un projet de loi qui permettra d’affirmer ce rôle.

La réforme de l’administration territoriale sera opérationnelle le 1 janvier 2010, c’est l’occasion pour Rama Yade de redéfinir la place de l’administration.

L’articulation entre l’échelon départemental et régional va évoluer :

  • aux directions départementales, le sport pour tous (la proximité avec les clubs, les équipements, le lien avec les publics défavorisés…) ;
  • au niveau régional d’assurer le pilotage des politiques de l’Etat, l’expertise et la mutualisation des moyens et des ressources et l’aménagement du territoire à travers les équipements.

A l’administration centrale la définition de la politique publique du sport.

Selon Rama Yade, la place du sport en société doit être réaffirmée. Avec trois ambitions :

  • Assurer l’égalité des chances pour tous et mettre le sport au cœur de la cité.

Beaucoup de Français n’ont pas accès au sport, faute de moyens, faute d’installations sportives. Par conséquent 200 millions d’euros ont été dépensés par le Centre national de développement du sport (CNDS) pour aider plus de 40 000 associations sportives et construire 800 équipements sportifs.

2. Le second défi est celui qui touche aux valeurs, c’est un « défi d’exemplarité

Plusieurs priorités sont à noter. D’abord la lutte contre la violence, trois mesures sont prises :

  • La création d’une « cellule nationale de prévention et de promotion de lutte contre la violence »
  • Le renforcement massif des actions de prévention et de promotion du respect sur le terrain. Actions auxquelles 2,6 millions d’euros seront consacrés.
  • Et enfin la réunion, d’ici à la fin de l’année, du 1er congrès national des associations de supporters afin de lutter contre les violences et les groupes extrémistes.

Il s’agit également de lutter contre la traite des mineurs. Afin d’éviter la « marchandisation » des jeunes étrangers recrutés dans les centres de formation européens, la secrétaire d’Etat aux sports propose la création du « fonds sportif pour la protection internationale de l’enfance », fonds public-privé auquel elle s’engage à hauteur de 2 millions d’euros.

Par ailleurs, Rama Yade dénonce les dérives du sport business et vise plus particulièrement le football. Pour lutter contre la dictature de « l’argent fou » l’important est d’encourager les ligues professionnelles à instaurer une « licence club », sorte de label donné aux clubs répondant à des critères tels que le suivi médical, la lutte antidopage, le nombre de joueurs sous contrat. Il s’agit également d’inciter à la moralisation et la transparence de l’exercice de la profession d’agent sportif et réfléchir à la création d’une autorité indépendante de régularisation du sport.

3. La compétitivité de la France et de son modèle sportif.</p>

L’échec de Paris 2012 a laissé des traces. La France doit être compétitive et faire face à la « concurrence ». Il est important que le France organise de grands événements sportifs de renommée internationale. 150M d’euros permettraient de rénover, de construire les stades susceptibles d’accueillir l’Euro 2016. A l’image de la commission Grands stade-Euro 2016, Rama Yade veut instituer une Commission Grande Salle.

Ambitieuse, la France se porte aussi candidate pour les Jeux Olympiques d’hiver en 2018. La secretaire d’Etat a plaidé pour la cause d’Annecy à Washington. Elle a également confié à Raphaël Ibanez, ancien rugbyman, une mission sur la compétitivité des sports collectifs français.

Les défis du sport Français semblent ambitieux et nécessaires, cependant aucun calendrier quant à la réalisation de ses objectifs n’a été donné et les moyens de financement, en ces temps de crise et de restriction budgétaire, restent flous.