Le gouvernement lance mardi 18 décembre 2012 la modernisation de l’action publique (« MAP »), vaste chantier dont le but affiché est d’améliorer les services publics mais qui doit surtout permettre de dégager de nouvelles économies budgétaires.

Officiellement, le comité interministériel qui se réunit à Matignon doit, selon une source gouvernementale, fixer une nouvelle “méthode” de réforme pour “rapprocher l’administration des citoyens et simplifier les démarches pour les entreprises et les collectivités”.

Après avoir enterré la Révision générale des politiques publiques (RGPP) de la droite, dont la mesure phare était le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, la gauche assure que sa MAP visera avant tout à “améliorer la qualité des services publics dans un contexte plus contraint”.

Calendrier d’évaluation de plusieurs politiques publiques – C’est la traduction en actes du voeu présidentiel. “Nous devons être capables de faire mieux en dépensant moins”, a affirmé François Hollande mi-novembre, reprenant une antienne de son prédécesseur Nicolas Sarkozy, apôtre du “dépenser moins et mieux”.
Matignon entend insister sur le “mieux”. Pas question de donner à cette “RGPP de gauche” une coloration uniquement budgétaire.

Pour preuve, si le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a prévu de s’exprimer à l’issue du comité de mardi, il ne devrait pas faire d’annonce chiffrée sur les économies attendues, mais plutôt dévoiler un calendrier d’évaluation de plusieurs politiques publiques.

Simplifier “pour la survie de la nation” – Au menu, des secteurs aussi sensibles que dépensiers : les aides directes aux entreprises (éclatées à tous les niveaux entre Etat, opérateurs et collectivités locales), ou la formation professionnelle (trop centrée sur les personnes qui ont déjà un emploi).

La politique du logement, jugée par certains pas assez efficace au vu de son coût et accusée de favoriser l’inflation des loyers, est également pointée du doigt, au grand dam de la ministre Cécile Duflot, ce qui augure d’une vive bataille avant arbitrages.

Jean-Marc Ayrault a aussi promis “une réflexion générale sur la politique familiale” début 2013. Quant aux retraites, “on ne peut pas imaginer de ne pas y faire d’économies quand on voit la dépense qu’elles représentent”, glisse une autre source gouvernementale.

Car l’objectif in fine est bien de faire des économies. Et Bercy, qui n’est pas le maître d’oeuvre de la MAP – pilotée par Matignon et le ministère de la Réforme de l’Etat – entend bien le rappeler.

Le président Hollande s’est engagé à réduire les dépenses de 50 milliards d’euros en cinq ans pour résorber le déficit public, et de 10 milliards supplémentaires pour financer le crédit d’impôt aux entreprises pour la compétitivité et l’emploi.
Et à redéployer des crédits pour mettre en oeuvre les priorités gouvernementales (école, contrat de génération, coup de pouce au RSA, etc.).

Hausse de 0,5 % par an en plus de l’inflation – Concrètement, les dépenses publiques ne devront augmenter que de 0,5 % par an en plus de l’inflation, a déclaré lundi à l’AFP une source gouvernementale.
La gauche, qui visait une progression de 1,1 % durant la campagne électorale, n’a cessé de durcir cet objectif.

C’est inédit, c’est vraiment un très fort ralentissement de la progression des dépenses publiques”, souligne cette source, rappelant que l’augmentation moyenne avait été d’environ 2 % par an depuis dix ans.

Si certains chantiers demandent du temps et de la concertation, “il faut aussi trouver des économies rapides et décider assez vite”, insiste-t-on.

Pour 2014, en plus des 10 milliards d’économies déjà prévus, Bercy “recherche 8 à 9 milliards d’euros” supplémentaires, et encore 7 milliards pour 2015. “L’administration numérique c’est très important, la simplification c’est essentiel pour la survie de la Nation, mais si la MAP n’a pas une finalité un peu budgétaire, les économies on ne les fera pas”, lâche un conseiller gouvernemental.

 

 Source : http://www.lagazettedescommunes.com