Le rôle de la société civile n’a jamais été aussi reconnu qu’aujourd’hui. Ainsi, Christophe ITIER, Haut-Commissaire en charge de l’économie sociale et solidaire et de l’innovation sociale, a-t-il exposé « la volonté (du gouvernement) d’accompagner l’évolution de la société autour du sens et du bien commun », lors du colloque du 12 janvier dernier au CESE sur le thème « Intérêt général : dès aujourd’hui, l’affaire de tous ? ». Si ce sujet est placé récemment sous les projecteurs de l’actualité, les tendances sociétales de l’émergence d’un mouvement de co-construction au service du bien commun sont perceptibles depuis une décennie. En témoignent les études menées depuis 2008 par l’Observatoire des partenariats.

 

L’Observatoire des partenariats vise à qualifier les enjeux des relations partenariales, à identifier les pratiques innovantes et à suivre l’évolution des dynamiques d’alliances en France. Il permet de capter les « signaux faibles » et de disposer d’études statistiques fiables sur les avancées du mouvement de co-construction en France. Il a été créé en 2008 par la Caisse des Dépôts, Le RAMEAU, en partenariat avec le MEDEF et le Mouvement associatif.

Chacun des deux plans quinquennaux a été riche d’enseignements, qui permettent de mettre les résultats en perspective.

 

De 2008 à 2012, le programme ARPEA a mis en valeur 3 sujets : les territoires, l’innovation et l’engagement. Il a démontré et qualifié la nature des partenariats innovants mis en œuvre entre entreprises et associations. Ce premier programme de recherches a apporté trois enseignements majeurs :

– L’importance pour les citoyens de développer les relations entre entreprises et associations (86% des Français en 2008 et 84% en 2012 pensaient qu’il était urgent de créer des partenariats pour répondre aux fragilités), 

– Les pratiques étaient déjà développées, y compris auprès des plus petites organisations (20% des TPE et 36% des PME développaient des partenariats en 2011),

– 4 catégories de partenariats se sont progressivement structurées : le mécénat, les pratiques responsables, la coopération économique et l’innovation sociétale.

 

A l’issue de ce 1er programme, la question a été de savoir « au service de quoi » émergent ces nouvelles alliances. Le programme PHARE (2013-2017) a mis en relief la vision des fragilités majeures perçues par les citoyens, les maires, les entreprises et les associations dans leurs territoires. Ces regards croisés ont débouché sur les enseignements suivants :

– Les fragilités prioritaires sont différentes d’un territoire à l’autre, et les acteurs territoriaux (les citoyens, les dirigeants d’entreprise, les responsables associatifs et les maires) les classent avec des spécificités liées à leur angle de vue,

– 69% des Français, 81% des dirigeants d’entreprise, 86% des responsables associatifs et 87% des maires pensent que les partenariats sont sources d’innovation pour réduire les fragilités et faire émerger de nouveaux moteurs de croissance et d’emploi. Ils plébiscitent un « devoir d’alliances ».

– 76% des maires considèrent que leur territoire est entré dans une dynamique de co-construction, mais ils sont 46% à ne pas savoir encore comment s’y prendre concrètement.

Depuis une décennie d’études et d’expérimentations, les travaux de l’Observatoire ont souligné le triple impact des alliances au service du bien commun : la performance des organisations impliquées, l’innovation sociétale & territoriale, ainsi que l’accroissement de la confiance des Hommes et des Territoires, moteur d’engagement. C’est sous cet angle que l’Observatoire des partenariats achève son programme d’études PHARE, et entame son 3ème plan quinquennal sur les impacts des alliances innovantes au service du bien commun.

Gageons que ces travaux permettent aux organisations publiques et privées de se mobiliser pour accélérer le mouvement de co-construction au service du bien commun. C’est sur les territoires que s’incarne cette dynamique ; soyons donc à l’écoute et attentifs à ce que les acteurs de terrain ont à nous dire !

 

Charles-Benoît HEIDSIECK

Président-fondateur du RAMEAU

 

En savoir plus : 

Rapport quinquennal 2012

Rapport quinquennal 2018

Actes du colloque du 23/11/2017